Un vent de dynamisme souffle sur les associations marocaines

Un vent de dynamisme souffle sur les associations marocaines

04/11/2020

Les 50.000 associations actives recensées en 2011 par le Haut-Commissariat au Plan font de la société marocaine l’une des plus engagées et des plus dynamiques de la région MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient). Des associations qui œuvrent pour le développement social et éducatif, et qui constituent un acteur économique insoupçonné apte à générer de l’activité et de l’emploi.

 

Le tissu associatif, bénévoles et associations réunis, a néanmoins besoin de relever les défis du 21ème siècle pour répondre aux besoins socioéconomiques du Maroc.

 

Les sources financières alternatives

 

Dans une étude menée par Dir iddik auprès d’ associations avec qui la plateforme collabore, la contrainte financière arrive en tête des problématiques exprimées, et cela à plus de 75%. Elle inclut les besoins logistiques et techniques, les besoins en termes de communication (impression de supports, promotion en ligne, gestion des profils sociaux) et l’absence d’un local dédié aux réunions et aux activités.

 

Mais plusieurs associations font preuve d’ingéniosité pour surpasser ces limites et s’émanciper des cotisations des membres et des aides publiques en tant que principales sources de financement. Les clubs actifs au sein des grandes écoles et des facultés organisent régulièrement des événements générateurs de revenus, notamment des galas et des soirées payantes. D’autres réseaux de jeunes innovent dans leur communication et intègrent massivement internet, ce qui séduit les entreprises privées, sponsors et mécènes, qui souhaitent gagner en visibilité en s’associant à ce type d’initiatives.

 

Les plateformes sociales sont aujourd’hui d’excellents intermédiaires pour lever des fonds, appeler aux dons et mobiliser des bénévoles. Le réseau des Rotary et des JLM y a généralement recours pour organiser des caravanes solidaires et des campagnes de distribution de denrées pour l’hiver dans les régions les plus recluses.

 

D’autres associations s’orientent vers les bailleurs de fonds internationaux (MEPI, USAID, GIZ, etc.) avec des programmes qui s’inscrivent dans le temps, capables de toucher des centaines de bénéficiaires et de mobiliser autant de bénévoles. Un travail d’autoformation interne est néanmoins nécessaire pour être capable de soumissionner à de tels programmes et espérer décrocher leurs financements, tout comme une bonne connaissance des procédures légales et administratives, une transparence dans la gestion de l’association et la maîtrise des langues étrangères (anglais et français).

 

Dans un registre différent, le collectif MIRLA (Mouvement des initiatives pour la réforme des lois des associations au Maroc) regroupant 1.000 associations plaide pour la mise en place de mesures incitatives au soutien financier du travail associatif de la part du secteur privé.

 

En somme, les associations innovent et militent pour une plus grande autonomie financière.

 

Le rajeunissement des effectifs

 

La simplification des procédures administratives a encouragé un très grand nombre de jeunes à créer ou à intégrer des associations existantes. Un sang neuf qui a progressivement remplacé les cadres vieillissants (présidents, secrétaires, trésoriers, etc.) et importé des idées novatrices et des méthodes de travail plus efficaces.

 

Les associations sont aujourd’hui dans la nécessité d’attirer des membres jeunes et capables de répondre aux problématiques actuelles, d’intégrer des solutions modernes et de mobiliser des bénévoles aussi jeunes qu’eux.

 

A cet effet, les écoles et universités intègrent petit à petit le travail social dans leurs cursus académiques en encourageant les étudiants à se mobiliser sous la forme de clubs, et font la promotion du don de soi en les poussant à considérer autrement le bénévolat, notamment comme un nouveau facteur d’employabilité déterminant.

 

L’importance de la formation

 

L’Etat – comme le secteur privé – met en avant sa volonté (et la nécessité) de soutenir la société civile et les valeurs de citoyenneté qui en découlent. Dir iddik, comme tant d’autres initiatives engagées et responsables, diversifie ses formes de soutien et accompagne tout au long de l’année plusieurs dizaines d’associations à travers un programme de formation adapté à leurs besoins, et qui est le fruit d’une étude préliminaire de leurs gisements de force et de leurs principales lacunes.

 

Des formations sur les techniques de communication, sur la gestion de projets, sur la bonne gouvernance financière, sur la levée de fonds… ont d’ores et déjà été dispensées. En plus d’une plateforme web de promotion des actions et de recrutement des bénévoles.

 

Un nombre grandissant d’associations ont compris qu’elles ne pouvaient plus vivre sous perfusion. Afin de pérenniser leurs activités, s’autonomiser et générer des revenus en dehors des dons et du sponsoring, elles ont pris le tournant de la modernité et de l’innovation, montrant la voie aux dizaines de milliers qui attendent pour leur emboiter le pas.